jeudi 21 août 2014

En quoi parler semble différent d’écrire ?

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Avez-vous déjà vu un film de Charlie Chaplin ? L’époque où le cinéma était muet. Les acteurs des films de cette époque n’utilisaient évidemment pas les mots puisque il n’y avait pas de son. Si ces acteurs ne pouvaient pas utiliser les mots pour retranscrire les scenarii liés aux personnages qu’ils intégraient dans un film, qu’est-ce qu’utilisaient alors ? Ils se servaient juste de leur corps : des signes, des expressions faciales, des gestes,…etc. Ils se servaient de ce qu’on appelle aujourd’hui le langage du corps.

Evidemment, ce langage du corps n’a pas disparu, même avec l’introduction du son dans le cinéma. On se sert autant des mots que des mouvements du corps ainsi que des expressions faciales.

Tout le monde se sert, lors d’une conversation, des mots et de son corps, du Président de la République, du curé de la paroisse du coin, du commerçant qui cherche à convaincre un potentiel client, au petit citoyen lambda. Pour faire mieux passer le message, on emploie les mots qu’on accompagne du ton de la voix, des gestes de la main, du regard, de la posture, de l’apparence physique et même parfois de la respiration!

Ainsi, une conversation entraine :

  • Une communication verbale : ce sont les mots employés pour transmettre le message entre un émetteur et un récepteur.
  • Une communication non verbale : c’est le langage du corps que nous employons pour appuyer le sens des mots.

La communication non verbale porte sur les gestes, les expressions faciales, le contact visuel, la proxémie, l’haptique et les signes.

Les gestes portent sur les mouvements du corps : la tête, le torse, la main, le bras, le pied,…etc. N’avez-vous pas remarqué que même les enfants de 2-3 ans répondent le plus souvent positivement à une question par un hochement de la tête ? Cela m’a toujours surpris.

Les expressions faciales qui ressortent plutôt nos émotions. On a ainsi les micro-expressions qui ressortent la joie, la tristesse, la surprise, la colère, la peur, l’écœurement, le mépris,…etc. On a aussi, dans les expressions faciales, le sourire (vrai ou faux) et l’expression des lèvres (la moue par exemple).

Le contact visuel concerne le regard. Ne dit-on pas que « les yeux sont le miroir de l’âme ». Un regard peut faire qualifier une personne de confiante, de fiable, de sociable ou d’honnête. Un regard appuyé suffit parfois à faire passer un message sans qu’un mot ne soit prononcé.

La proxémie est un concept assez nouveau qui traduit ce que nous vivons et observons tous les jours. Voilà ce qu’en dit Wikipédia  :

« La proxémie ou proxémique est une approche de l'espace introduite par l'anthropologue américain Edward T. Hall à partir de 1963. Ce néologisme désigne d'après lui « l'ensemble des observations et théories que l'homme fait de l'espace en tant que produit culturel spécifique. L'un des concepts majeurs en est la distance physique qui s'établit entre des personnes prises dans une interaction. Hall a remarqué que ces distances varient selon les cultures considérées. Ainsi, dans les pays latins, les distances entre les corps sont relativement courtes. En Afrique, elles sont souvent si réduites que le contact physique est fréquent. À l'inverse, dans les pays nordiques ou au Japon, les contacts physiques sont plus rares et ces distances plus importantes. Elles varient également selon les lieux où l'interaction se déroule, ce qui signifie qu'elles doivent être prises en compte par les architectes et designers. Elles sont par exemple différentes dans des lieux publics comme les ascenseurs ou les transports en commun ».

En clair, la proxémie permet d’étudier comment nous traitons notre espace et les autres personnes à proximité. En situation de communication, on établit toujours des rapports de proximité différents en fonction de différentes personnes avec lesquelles on interagit. Par exemple, Lorsque vous communiquez avec votre supérieur hiérarchique au boulot ou avec votre épouse ou époux, la distance entre votre corps et votre interlocuteur n’est pas la même dans les deux cas. Lorsque l’on drague une fille, ce n’est pas la même distance six mois plus tard quand la confiance est établie et que les deux tourtereaux se la coulent douce en amour. Même lorsqu’il y a les réunions dans une entreprise, on peut déduire les différentes positions hiérarchiques en fonction des positions assises autour de la table. Ce rapport de proximité varie en fonction du sexe, de la culture, du statut, de la situation, de l’âge et de la personnalité de notre vis-à-vis. La proxémie m’a fait penser à une situation vécue lorsqu’on rentrait tard dans la nuit après une virée en boite de nuit. Lorsqu’on marchait tard dans la nuit, il y avait ce qu’on appelle la distance de sécurité. Ainsi, lorsque tu remarquais qu’un individu suivait ta trajectoire de marche et marquait le pas pour se rapprocher de plus en plus de toi, tous tes sens étaient en éveil et il était automatiquement défini comme un agresseur sans autre forme de procès.

L’haptique est aussi un concept relativement nouveau et comme la proxémie, a trait à l’espace et à la personnalisation du territoire. Voyons ce qu’en dit Wikipédia :

« L’haptique, du grec ἅπτομαι (haptomai) qui signifie « je touche », désigne la science du toucher, par analogie avec l'acoustique ou l'optique. Au sens strict, l’haptique englobe le toucher et les phénomènes kinesthésiques, c'est-à-dire la perception du corps dans l’environnement. »

L’haptique étudie le toucher en situation de communication. Ceci pour la simple raison que le toucher est aussi une façon de communiquer avec les autres. Le toucher est le plus souvent le résultat de la validation de l’entrée de personnes dans notre espace intime, personnel. On le considère comme la plus basique des formes de communication, celle que nous partageons, nous humains, avec les animaux. On a plusieurs types de toucher : les étreintes, les embrassades, les baisers, la tenue des mains (se tenir les mains). Le toucher varie aussi en fonction du sexe, de la culture, du statut et de l’autorité. C’est la façon la plus intime et directe de communiquer.

Enfin, nous avons les signes que nous utilisons souvent pour communiquer, à l’image des signes qu’on voit les entraineurs de football faire à leurs joueurs durant un match. Un détour par Wikipédia pour une définition du signe :

« Un signe est une marque, naturelle ou conventionnelle, désignant pour quelqu'un un objet ou un concept, et destinée à être interprétée par un tiers. »

On a les signes de la main (un bonjour à distance ou le croisement des mains derrière le dos quand on réfléchit), du bras (comme ce que font les boxeurs ou les catcheurs, ou les bras le long du corps quand on est abattu), du pied (le croisement des pieds en dit long sur votre attitude), de la tête (l’inclinaison de tête, signe de respect chez les asiatiques).

La communication non verbale, le langage du corps est un domaine très étudié, autant que l’écriture et plusieurs disciplines scientifiques (sociologie, anthropologie, psychologie,…etc.) s’y consacrent dans la mesure où c’est un domaine en pleine évolution, avec des codes qui varient suivant les zones géographiques, les cultures, les générations, et plein d’autres facteurs.

La première règle et la plus importante apprise lorsque vous faites une formation sur la présentation en public, c’est de maitriser ce langage du corps afin de pouvoir transmettre vos émotions au public. Et surtout, quel que soit la qualité de vos idées ou de votre message, c’est ce langage du corps qui imprimera une forte marque dans les esprits de votre auditoire. Les formateurs vont même jusqu’à affirmer qu’on a 95% de communication non verbale et 5% de communication verbale dans une présentation en public.

Il faut noter pour la communication non verbale qu’on n’a pas seulement les éléments cités plus haut, nous avons aussi d’autres éléments tout aussi importants comme le ton ou le volume de la voix, l’habillement, le débit de la parole, la posture, …etc.

Comme le dit Sinay Tarakanov, plutôt que de penser la communication verbale et la communication non verbale en termes de différence, d’importance ou de pourcentage, il vaut mieux voir les rôles avec la communication verbale dont le rôle est de faire parvenir le message, des données brutes et neutres tandis que la communication non verbale est d’ajouter du parfum, de la saveur, en clair de l’attitude et de l’émotion à ces données brutes.

Le langage du corps évolue au fil du temps, en fonction des besoins sociaux de l’Homme. C’est pour cela que ce n’est pas une science exacte. On trouvera toujours matière à discussion et des controverses sur l’interprétation de tel geste, tel signe. Néanmoins, personne ne peut s’en passer et il sera présent autant que l’homme respirera et interagira avec d’autres.

J’ai relevé plus haut que la communication non verbale était une affaire d’attitude et d’émotion. Peter Elbow dans son livre “Everyone Can Write: Essays toward a Hopeful Theory of Writing and Teaching Writing” affirme que :

“The best writing has voice : the life and rhythms of speech (…)”

La meilleure écriture a une voix : la vie et les rythmes d’une conversation.

Un bon écrivain sait traduire les émotions et les passions en mots.

Ainsi, parler est une affaire de mots, de voix, de gestes, d’expressions faciales, de contact visuel, de proxémie, d’haptique et de signes.

Tandis qu’écrire est juste une affaire de mots, avec les règles qui accompagnent la composition de ces mots.

On constate alors qu’écrire est une opération de « réduction » et plusieurs personnes n’arrivent pas à trouver les mots justes pour transmettre à leur lecteur tout l’univers d’une conversation ainsi que les émotions et les passions qui l’accompagnent.

C’est cela qui fait la différence entre les auteurs car certains savent bien le faire : on lira ainsi que tel auteur a un style particulier, comme pour transcrire qu’il a une façon à lui d’employer des mots.

C’est ce qui nous amènera justement, pour le prochain billet, à nous interroger sur ce que Peter Elbow entend par « voix » de l’écriture.

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mercredi 20 août 2014

Une seule chose à faire avant de commencer à écrire un livre

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Je suis toujours surpris de la correspondance qu’on n’arrive pas à faire entre parler et écrire. Si on arrivait à établir cette correspondance, les choses seraient beaucoup plus claires dans la tête des « anti-auteurs », ceux qui échangent, discutent chaque jour très naturellement mais pensent qu’écrire est une affaire de don ou de talent. Nous allons encore illustrer cette correspondance avec un exemple fort banal.

Chaque jour, nous échangeons avec plusieurs personnes : le frère, la sœur, nos parents, nos amis, notre petite-ami (e), le professeur, le supérieur hiérarchique, …etc. En fonction de la personne que nous avons en face, nous abordons différents sujets. Vous n’allez pas parler de la dernière coupe du monde si vous échangez avec un enfant de trois (3) ans, de même que vous n’allez pas discuter de chimie ou de physique avec un commercial qui n’a qu’un souci : vendre et fidéliser la clientèle de son employeur. Il peut arriver que ce commercial soit intéressé pour une quelconque raison et que vous échangiez là-dessus mais il est clair que cela se limitera à quelques concepts. Dans ce cadre, vous souhaitez éduquer ou informer votre vis-à-vis et son niveau de connaissance du sujet délimite l’étendue de ce que vous allez aborder et comment vous allez l’aborder. C’est pour cela que l’échange est plus utile et plaisant quand l’intention est bien claire et la personne connue. C’est la même chose avec l’écriture.

Si vous voulez écrire un livre, avant de poser les premiers mots sur la feuille, demandez-vous d’abord :

  • Quelles sont vos intentions ? : Est-ce que vous souhaitez exprimer vos idées ? informer ? expliquer quelque chose ? explorer un sujet peu connu ? persuader ? attirer l’attention des lecteurs sur un point précis ? C’est en répondant à cette question que vous saurez comment organiser et présenter vos idées.
  • A qui est destiné votre livre ? : Ici, il faut bien avoir une cible afin de déterminer l’approche. Par exemple, si votre livre est pédagogique avec une formation à EXCEL par exemple, il faut déterminer si votre cible est un débutant, un intermédiaire ou un expert. La cible est une boussole et vous évite d’aller dans tous les sens, d’aborder tous les sujets et tous les thèmes à la fois, ce qui déroutera les lecteurs. A moins que n’opter pour une démarche encyclopédique.

Lorsque vous flânez entre les boxes d’une librairie, vous observez des dizaines et des dizaines de livres avec « Mathématiques » sur la première de couverture. Bien qu’ayant ce terme identique sur leur couverture, on constate qu’il n’aborde ni les mêmes sujets, ni les mêmes thèmes, ni la même approche pédagogique à l’ouverture de chaque livre. Même titre, contenu différent. Cela n’est pas propre aux mathématiques puisqu’on le retrouve dans d’autres disciplines. Ces différences de contenu illustrent la variété des cibles visées par chaque ouvrage et de là, cette variété influence le contenu à aborder suivant l’intention des auteurs.

Si votre intention est d’amener un débutant à être professionnel, mettez sur papier tout ce qu’il faudra pour qu’il arrive. S’il est d’attirer l’attention du citoyen sur une mauvaise politique, présenter cette politique et expliquer en quoi elle est mauvaise, de la même manière que vous faites pour convaincre vos amis, collègues ou parents. Essayez-vous à une simulation de conversation avec un proche après avoir écrit votre livre.

Avant de commencer à écrire, tenez en « tête » les cadrans de votre boussole : l’intention et l’audience.

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mardi 19 août 2014

Le diable se trouve toujours dans les détails

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Tout le monde a des opinions. On l’exprime volontiers à longueur de journée. « Le pays va mal. », « Les hommes sont méchants », « les femmes sont méchantes », « la vie est chère », « Messi est plus efficace que Ronaldo »…etc. On a toujours des raisons de l’exprimer.

Seulement, ce qui est le plus difficile, c’est apporter une preuve, une évidence de ce que l’on affirme et même lorsqu’on l’apporte, on s’interrogera toujours si elle est acceptable, pertinente et suffisante.

Afin de mieux exprimer une opinion qui ne souffre point, on peut utiliser la stratégie suivante :

  • Qu’est-ce que vous pensez ? : ici, vous présentez votre opinion.
  • Pourquoi vous pensez cela ? : ici, vous présentez les raisons qui vous amènent ou qui vous ont amené à cette opinion.
  • Comment savez-vous cela ? comment vous êtes arrivé à cela ? : ici, vous présentez les preuves qui soutiennent cette opinion. Cela peut être des exemples, des statistiques, des faits d’actualité, les résultats d’une étude ou d’une enquête…etc.

Ainsi, si vous voulez que vos opinions ne souffrent point dans votre livre, listez les d’un côté et de l’autre côté, associez le « Pourquoi », et le « Comment ».

Si vous dites que « Messi est plus efficace que Ronaldo », soutenez votre opinion avec les raisons qui vous amènent à cela et surtout les preuves. Il ne faut pas confondre les raisons et les preuves. Ici, la raison est plus générale alors que la preuve est plus spécifique. Si vous dites que Messi est plus efficace que Ronaldo, une des raisons pourra être qu’il a inscrit plus de buts en championnat que Ronaldo durant les trois dernières saisons. La preuve sera qu’il a inscrit par exemple 37 buts la saison passée alors que Ronaldo a inscrit 32 buts, ainsi de suite. Dire juste qu’il est meilleur buteur ne convaincra que d’autres fans mais lorsque vous présentez les statistiques du championnat, même le dernier des amateurs en football est convaincu. Voilà pourquoi il est important d’être spécifique en présentant une opinion.

Ainsi, à la fin de votre livre et pendant la phase de révision, listez sur un papier toutes les opinions de votre livre et tout à côté, associez à ces opinions les raisons et les preuves. C’est à ce difficile exercice que vous devriez vous soumettre afin de produire de la qualité, à moins que vous n’écriviez un livre religieux ou que soyez frappé d’une « révélation ». C’est le moins que le lecteur puisse attendre de vous.

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lundi 18 août 2014

Quelle définition donner à l’écriture ?

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Lors de mes études secondaires, nous avions un cours appelé “Français”. Dans ce cours, nous apprenions le « Français », du moins les règles qui régissent le bon usage de la langue française. Dans ce cadre-là, tout y passait : l’orthographe, la grammaire, la conjugaison, la rédaction, le commentaire de texte, l’analyse de texte, …etc. Le point culminant de l’évaluation de ce cours portait sur la rédaction, dans la mesure où cet exercice demandait la maitrise de tout ce que nous avions appris en cours, que ce soit en orthographe, grammaire, conjugaison ou autres.

Une chose m’a marqué lors de cet exercice : je ne comprenais pas pourquoi certains camarades, qui avaient une excellente maitrise du cours, qui accomplissaient avec brio leurs exercices d’orthographe, de grammaire ou de conjugaison, se retrouvaient avec de piètres notes en rédaction.

De plus, comble de mon étonnement, certains camarades qui savaient « bien parler », ou « exposer » comme on disait à l’époque, qui avait une aisance et une facilité dans l’expression orale, buvaient considérablement la tasse en rédaction et obtenaient aussi de piètres notes.

Dans un premier temps, je me suis amusé à interroger les critères d’évaluation de mes premiers professeurs et à me dire que, peut-être, c’était plus une affaire liée à ce qu’attendaient ces professeurs, même comme ce point était relativisé par la suite quand j’avais en main les copies de ces camarades qui étaient on ne peut plus médiocres.

Au fil des années, ayant observé le même phénomène avec différents professeurs, différentes compositions de salle de classe, j’ai compris qu’écrire, rédiger, n’était pas une affaire seulement de mots, d’orthographe ou de grammaire, et que parler et écrire, bien qu’ayant tous les deux les mots comme unité de base, n’opéraient pas dans la même dimension.

Pour mieux saisir la dimension de l’écriture, j’ai dû me résoudre à faire une recherche et je suis tombé sur un site que je trouve excellent, www.ttms.org. Le promoteur de ce site est Steve Peha, Président de « Teaching That Made Sense, inc. », une entreprise de consulting en éducation. On trouve dans ce site plein de ressources fort utiles pour apprendre à écrire. Car aussi bien que parler semble naturel, écrire l’est moins et est plutôt difficile.

La pédagogie exige parfois qu’on apprenne, pour les débuts, à faire plus qu’à comprendre. Arrivé à un certain stade, le pédagogue doit, tout en continuant à apprendre l’élève à faire, aborder la compréhension en explicitant le sujet, pour permettre à son élève de saisir pourquoi il fait ce qu’il fait.

Ainsi, on commence par le comment pour approcher le pourquoi. Ou du moins, on s’attarde sur le comment pour s’attarder après sur le pourquoi. Tout élève de la maternelle sait écrire et composer une syllabe. N’allez pas lui demander ce qu’est une syllabe. De même qu’un élève du primaire sait faire une opération d’addition, n’allez pas lui demander de définir l’addition. Bien après, dans son cycle d’études, il recevra ces définitions et cela lui permettra d’aller plus loin dans le « comment ».

C’est pour cela qu’au-delà des mots, phrases, de l’orthographe, de la grammaire ou de la conjugaison, j’ai voulu saisir ce qu’est l’écriture et le site de Steve Peha m’a comblé. Voilà ce qu’il propose comme définition :

« Writing is the communication of content for a purpose to an audience »

L’écriture ou la rédaction est la communication d’un contenu avec un but, une intention à un public bien défini.

Le contenu a trait à ce que l’auteur veut absolument que le lecteur sache. C’est l’idée centrale de l’ouvrage et tout ce qui vient soutenir cette idée centrale.

Contenu = idée centrale + arguments de soutien à cette idée

L’intention porte à s’interroger pourquoi l’auteur a écrit l’ouvrage : Est-ce qu’il veut amener les lecteurs à porter leur attention sur quelque chose ou il veut amener les lecteurs à faire quelque chose.

Intention = Attention du lecteur + Action du lecteur

Le public visé demande à répondre à la question : « à qui l’auteur a consacré la rédaction de son livre ? Pour qui a-t-il écrit son ouvrage ? ».

Public visé = public cible + questions ou attentes de ce public à l’égard du livre.

Je vous assure, lire cette définition a été un choc pour moi. Tout simplement parce que si seulement je commençais à écrire avec l’intention et la cible, cela m’aurait épargné bien des misères. Cela ne veut pas dire que je n’écrivais pas sans cela mais je ne mettais pas cela sur papier et il arrivait que je me perde et ainsi frappé du fameux « blocage » qui accable tant de personnes, où on reste une heure, deux heures devant une feuille blanche sans « inspiration ». Pourtant, en mettant sur papier nos intentions et notre cible, on se sert de cela comme une boussole, et il est difficile de s’égarer.

C’est pour cela qu’avant de commencer à écrire un livre, mettez sur papier vos intentions et votre public cible, ainsi que les idées que vous souhaitez défendre, expliquer ou présenter.

Cette définition de Steve Peha peut être critiquable mais si elle vous permet de mieux écrire, je trouve que cela suffit amplement. Je la préfère à toutes les autres définitions qui affirment que l’écriture est une méthode de représentation du langage dans une forme visuelle, ou encore une représentation des sons de la parole par un ensemble de symboles.

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vendredi 15 août 2014

La lisibilité : troisième pilier de l’écriture

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Nous poursuivons notre série des quatre piliers de l’écriture relevés par Brandon Royal dans son livre “The Little Red Writing Book: 20 Powerful Principles of Structure, Style, & Readability”. Nous avons déjà abordé le premier pilier qui est la structure et le deuxième pilier qui est le style.

Aujourd’hui, nous allons aborder la lisibilité qui a trait à la présentation, ou comment on fait un document visuellement plaisant et facile à lire.

Afin de vous faire une idée sur les principes liés à la lisibilité, troisième pilier de l’écriture, je me suis amusé à traduire quelques extraits. Ces traductions sont approximatives pour la simple évidence que je ne suis pas traducteur! Néanmoins, cela permet de vous faire une idée sur la qualité du livre de Brandon Royal que je conseille vivement à tous ceux qui veulent écrire un livre.

Brandon Royal définit cinq (05) principes pour la lisibilité :

 

1er principe - Capitaliser sur la mise en page et le design – ajouter plus d’espace dans votre écriture pour augmenter le lisibilité

Le meilleur moyen de rendre votre écriture plus lisible est d’augmenter les marges du document. Aussi, il faut s’assurer qu’une ligne blanche sépare chacun de vos paragraphes, ce qui laisse votre composition respirer. Ainsi, il faut éviter de rédiger un bloc de texte sans laisser d’espaces… Il faut insuffler, donner du rythme à votre texte avec des espaces.

 

2ème principe - Employer les outils de lisibilité – Faire ressortir les mots-clés et les phrases.

On peut mieux illustrer les mots-clés et les phrases par :

  • La police des textes en gras, italique ou souligné, majuscule, …etc.
  • Les puces,
  • Les numérotations,
  • Les effets de texte : ombre, lumière, réflexion, couleur.

 

3ème principe - Considérer l’utilisation du Titre et Sommaire – utiliser les titres et sommaires pour diviser et résumer votre écriture.

Les titres permettent de diviser l’information en sections. Les sommaires permettent de résumer l’information qu’on doit présenter. Tous ces deux éléments permettent de diriger l’attention du lecteur.

 

4ème principe - Garder votre écriture neutre par rapport au genre - Eviter d’utiliser le générique masculin pour référer aux 2 sexes.

Faire attention à l’emploi des pronoms quand vous faites face aux situations qui concernent les deux genres.

 

5ème principe - Réviser votre écriture depuis le début – attendre un peu avant de valider votre écriture comme terminée.

Il est rare de trouver les écrivains qui s’asseyent et se lèvent avec une version parfaite sans corrections. Prenez la peine de lire et relire votre travail, avec des espacements de plusieurs jours.

 

Il est clair qu’au-delà des principes relevés par Brandon Royal, on trouve bien plusieurs astuces de “lisibilité” ou “présentation” ou “mise en page” et nous allons les présenter dans nos prochains billets.  Je considère qu’un site comme Practical Typography de Matthew Butterick est plus complet et plus professionnel quant à tout ce qui touche de près ou de loin la mise en page ou la présentation d’un texte. Nous y reviendrons.

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jeudi 14 août 2014

Le style : deuxième pilier de l’écriture

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Nous poursuivons notre série des quatre piliers de l’écriture relevés par Brandon Royal dans son livre “The Little Red Writing Book: 20 Powerful Principles of Structure, Style, & Readability”. Nous avons déjà abordé le premier pilier qui est la structure. 

Aujourd’hui, nous allons aborder le style qui décrit comment on écrit, en incluant comment on utilise des exemples spécifiques pour soutenir ce qu’on écrit.

Afin de vous faire une idée sur les principes liés au style, deuxième pilier de l’écriture, je me suis amusé à traduire quelques extraits. Ces traductions sont approximatives pour la simple évidence que je ne suis pas traducteur! Néanmoins, cela permet de vous faire une idée sur la qualité du livre de Brandon Royal que je conseille vivement à tous ceux qui veulent écrire un livre.

Brandon Royal définit dix (10) principes pour le style :

 

1er principe - Supportez / Soutenez ce que vous dites – Utiliser des mots spécifiques et concrets pour soutenir ce que vous dites.

Une différence majeure entre la bonne écriture (ou rédaction) et la mauvaise écriture tient avec les exemples concrets et spécifiques que vous utilisez ou que vous n’utilisez pas. Tenez, par exemple, vous écrivez sur la pomme. Toutes les pommes ne sont pas identiques. Quelle couleur ? Quelle forme ? Quel goût ?

Prenons un autre exemple dans le contexte de l’entreprise. Supposons qu’on affirme qu’une entreprise a vu ses profits chuter. Quels sont les détails face à cette affirmation ? Qu’est ce qui est spécifique ? Est-ce que le volume des ventes a baissé ? Est-ce que le prix de vente a été réduit ? Est-ce que les coûts ont augmenté ? Et si c’est le cas, de quel montant ? Notez la différence dans chacune des différentes déclarations.

Général mais pas spécifique : les profits de l’entreprise diminuent.

Général mais pas toujours spécifique : les profits de l’entreprise diminuent parce que les coûts augmentent.

Spécifique : les profits de l’entreprise ont diminué de 10% alors que l’ensemble des coûts a augmenté de 20%.

Encore mieux : les profits de l’entreprise ont diminué de 10% alors que l’ensemble des coûts a augmenté de 20%. En particulier, les dépenses salariales sont la principale cause de l’augmentation de ces coûts. L’augmentation des dépenses salariales tient à une compensation versée aux dirigeants…

Les exemples et les détails sont les choses que les personnes retiennent en lisant un texte ou un article.

Un arbitrage existe toujours entre la brièveté (ou concision) et le détail. Les détails vont rendre un texte long mais cela ne veut pas nécessaire dire que le texte est verbeux. La concision exige un nombre minimum de mots au niveau de la phrase tandis qu’un soutien suffisant demande beaucoup de phrases.

Un langage vague fragilise votre écriture car il pousse votre lecteur à deviner ce que vous voulez dire au lieu de se concentrer entièrement sur vos idées et votre style. Choisissez les mots spécifiques, descriptifs pour une écriture plus renforcée. Quelque fois, pour être spécifique et concret, vous serez obligé d’utiliser plus de mots que d’habitude. Ce qui est important, c’est de supprimer les mots qui ne sont pas nécessaires, qui ne supportent pas ce que vous dites.

Entrainez-vous à citer des exemples spécifiques.

Plusieurs écrits souffrent de superficialité. Ils apparaissent comme trop généraux. Des exemples abondent dans les milieux académique et professionnel. Une déclaration sans support mérite un rejet sans raison motivée. Une technique valable, qu’on peut utiliser quand on écrit les brouillons, est d’évaluer les points qu’on veut soutenir en plaçant « par exemple » immédiatement après avoir écrit ces points. Cela va vous donner l’assurance que vous allez offrir un support à vos arguments.

 

2ème principe - Personnalisez les exemples – Ajoutez des exemples personnels pour rendre votre écriture plus mémorable.

Le principe 6 (Utiliser des expressions spécifiques et concrètes pour soutenir ce qu’on dit) est le plus important des techniques d’écriture. Les principes 6 et 7 vont ensemble et sont des outils importants pour écrire dans un style proche de la conversation. Les exemples personnels vont main dans la main avec l’utilisation du pronom personnel « je ». N’ayez pas peur d’utiliser ce pronom. Il force l’auteur à rendre le sujet à la fois personnel et spécifique. Les lecteurs apprécient souvent de connaitre comment une situation est vue par un auteur, suivant son expérience personnelle.

L’emploi du pronom personnel « je » est banni dans les productions formelles et académiques.

En clair, personnaliser l’écriture est une option pour soutenir ce qu’on affirme, en plus des exemples et des statistiques.

On peut aussi utiliser des anecdotes : ce sont des petites histoires utilisées pour embellir un point.

On peut aussi utiliser les citations : inclure les citations, particulièrement celles attribuées à des personnes exceptionnelles ou célèbres ou très connues, peut être un outil de persuasion. Les citations, quand elles sont bien choisies, vous font apparaître comme très intelligent. Il n’est pas toujours facile de se rappeler d’une citation appliquée au sujet que vous abordez mais on peut faire une petite recherche en passant par un moteur de recherche, ou des livres de citations.

On peut aussi utiliser les analogies : les analogies dessinent des similarités entre deux choses dissemblables et aide le lecteur, à partir de cette mise en relation, à mieux voir ou comprendre le sujet abordé.

On peut aussi utiliser des similitudes et des métaphores : la similitude est généralement introduite par « comme » et permet de comparer deux choses différentes, ou contraires. Les similitudes sont relativement faciles à utiliser et peuvent être des outils puissants pour présenter vos idées. La métaphore consiste à indiquer une chose par une autre expression. Les similitudes et les métaphores sont des comparaisons au sens figuré, pas des comparaisons actuelles ou réelles comme on peut dire que Jean est plus grand en taille que Paul.

 

3ème principe - Restez simple – utiliser des mots/expressions simples pour exprimer vos idées.

La méthode la plus fondamentale pour simplifier l’écriture est d’utiliser des expressions simples. N’utilisez pas de gros mots ou des expressions compliquées pour impressionner vos lecteurs, vous risquez de manquer de sens. Faire attention aux mots (verbes, noms et adjectifs) qui ont des sens plus étendus.

 

4ème principe - Réduire les longues phrases – Rendre votre écriture plus clair en divisant les longues phrases

Un des moyens pour rendre votre écriture claire est de limiter l’emploi de longues phrases. Le moyen le plus simple est de diviser une phrase longue en deux ou trois phrases plus courtes. La pratique d’utiliser les courtes phrases ne signifie pas que toutes les phrases doivent être courtes. Les courtes phrases ajoutent une dynamique dans votre texte et sollicite l’attention du lecteur.

 

5ème principe - Eliminer les mots/expressions inutiles – Supprimer les redondances et les qualifications excessives.

Il faut être bref quand il le faut. La redondance intervient lorsqu’un auteur répète un mot/phrase ou une idée. C’est redondant de dire « qu’un débutant manque d’expérience »… le mot débutant à lui seul implique le manque d’expérience. Les mots redondants peuvent être supprimés sans changer le sens de la phrase. Les qualifications excessives sont aussi bannies. Par exemple, on n’a pas besoin de qualifier des mots absolus comme excellent, unique, favori….

 

6ème principe - Gagner de la puissance active – favoriser les expressions/phrases actives, non les passives.

En général, la voix active est préférée à la voix passive parce que la voix active est plus orientée « action ». La voix active est plus directe et moins verbeuse. Cela ne veut pas dire qu’on doit évacuer totalement l’emploi de la voix passive. La voix passive est appropriée lorsque celui qui exécute l’action n’est pas connu, ou sa connaissance n’est pas important. La voix passive est encore préférée quand le récepteur de l’action est plus important que l’exécutant.

 

7ème principe - Favoriser les verbes, pas les noms – Eviter de nominaliser vos verbes et adjectifs.

La nominalisation est le processus par lequel les verbes et les adjectifs sont transformés en noms. Les nominalisations affaiblissent l’écriture pour plusieurs raisons, principalement parce qu’elles rendent les phrases légères et longues.

 

8ème principe - Toujours utiliser des formes parallèles – Exprimer une série d’items/points dans une forme cohérente et parallèle.

Le parallélisme dans l’écriture veut dire que nous devons exprimer de manière cohérente les parties similaires d’une phrase. Le parallélisme consolide la clarté et la puissance. Le parallélisme est semblable aux rimes dans la poésie.

 

9ème principe - Capitaliser sur une variété de phrases – varier l’étendue et les débuts de vos phrases.

Le modèle classique de la phrase est « sujet-verbe-complément ». La plupart des phrases doivent suivre ce modèle car c’est plus puissant ainsi. Néanmoins, si toutes les phrases suivent ce modèle, cela peut créer de la rigidité et de la monotonie dans votre écriture. C’est pour cela que, pour varier, il faut commencer les phrases de plusieurs manières :

  • Avec un sujet : les consommateurs peuvent nous dire pourquoi nous vendons nos produits si nous prenons le temps de les écouter.
  • Avec une « phrase sans verbe » : pour cette raison, aucun produit n’est développé si on n’a pas l’assurance que le marché existe.
  • Avec un verbe,
  • Avec un adverbe,
  • Avec un adjectif,
  • Avec un infinitif,
  • Avec une conjonction…

 

10ème principe - Choisir le ton approprié – Ecrire avec un ton positif, personnel.

Le ton est quelque chose de difficile à décrire. Certains le définissent comme l’attitude de l’auteur. Le ton apparaît avec 2 dimensions majeures : positive ou négative et formelle ou informelle. Aujourd’hui, le ton positif et personnel est le plus employé. Un des moyens pour contrôler le ton de l’écriture est l’emploi des mots positifs ou négatifs. Utiliser les mots positifs autant que possible. Les lecteurs n’aiment pas instinctivement qu’on leur dise ce qui n’est pas vrai contrairement à ce qui est vrai. Ainsi, les formes négatives peuvent être transformées en expressions positives.

Exemple :

Ton négatif : le magasin sera fermé à 19h. « Fermé » est un nom négatif.

Ton positif : le magasin va rester ouvert jusqu’à 19h. « Ouvert » est un nom positif.

L’écriture peut aussi avoir des tons formels et informels. Deux des grands facteurs dans la formalité sont l’emploi des contractions et des pronoms personnels.

Utiliser les pronoms personnels pour rendre votre écriture plus familière/informelle et personnelle. Plusieurs écrits se font sur un ton informel car il permet de réduire la distance entre l’auteur et le lecteur.

 

Voilà ainsi présentés les dix (10) principes qui forment le premier pilier de l’écriture selon Brandon Royal. Nous allons aborder pour la suite les principes qui fondent la lisibilité, troisième pilier de l’écriture.

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mercredi 13 août 2014

La structure : premier pilier de l’écriture

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J’ai parlé dans mon précédent article des quatre piliers de l’écriture relevés par Brandon Royal dans son livre “The Little Red Writing Book: 20 Powerful Principles of Structure, Style, & Readability”. Pour rappel, Brandon Royal part de l’observation suivant laquelle les étudiants et les professionnels qui s’adonnent à une écriture permanente le font grâce à la maitrise d’un nombre limité de principes importants d’écriture qu’ils utilisent et réutilisent au fil du temps. Brandon Royal a ainsi identifié une vingtaine de principes “immuables” de l’écriture et trente (30) règles de grammaire qu’il a regroupé en quatre piliers :

  • la structure,

  • le style,

  • la lisibilité,

  • la grammaire.

La structure vise l’organisation : il s’agit de décider dans quel ordre nous allons présenter les idées.

Le style décrit comment on écrit, en incluant comment on utilise des exemples spécifiques pour soutenir ce qu’on écrit.

La lisibilité a trait à la présentation, ou comment on fait un document visuellement plaisant et facile à lire.

La grammaire est l’expression du langage dans une forme correcte et acceptable.

On a ainsi 5 principes pour la structure, 10 pour le style, 5 pour la lisibilité et 30 règles de grammaire.

Afin de vous faire une idée sur les principes liés à la structure, premier pilier de l’écriture, je me suis amusé à traduire quelques extraits. Ces traductions sont approximatives pour la simple évidence que je ne suis pas traducteur! Néanmoins, cela permet de vous faire une idée sur la qualité du livre de Brandon Royal que je conseille vivement à tous ceux qui veulent écrire un livre.

La structure concerne l’organisation des idées, la façon dont nous allons présenter les idées. Brandon Royal définit cinq (05) principes pour le structure :

  • 1er principe - Ecrire avec une approche top-down : Ecrire votre conclusion et le placer en premier.

Il n y a que dans les œuvres de fiction où la conclusion est masquée dans un suspense qui tient le lecteur en haleine du début à la fin de l’œuvre de fiction. Mais dans les écrits qu’on rencontre tous les jours, où le but est d’informer ou d’expliquer, on présente la conclusion d’abord aux lecteurs avant de dérouler les faits et les arguments qui soutiennent cette conclusion, qui nous amènent à cette conclusion. Il est vrai qu’il est dans la nature humaine de conclure plus à la fin qu’au début d’un exposé. Il s’agit de donner la destination au lecteur en premier, sans lui indiquer par quels chemins ou comment nous allons y arriver. C’est parfois frustrant de lire un document et de ne pas savoir où l’auteur veut aller. On aime bien quitter de la conclusion aux détails que de partir des détails pour la conclusion.

  • 2ème principe - Briser/Diviser les choses : Diviser votre sujet en 2 à 4 parties, et utiliser une phrase d’introduction.

En assumant que vous connaissez assez sur le sujet que vous voulez écrire, vous pouvez déterminer les blocs de base de votre construction. Vous pouvez diviser votre sujet de 2 à 4 parties mais la division en 3 parties est généralement recommandée.

Une fois que vous avez divisé votre sujet en 2 ou 3 catégories, vous devez résumer vos idées. La phrase d’introduction résume tout votre livre. Après, vous devez développer chaque idée de votre phrase d’introduction dans le livre.

Exemple :

Phrase d’introduction : La Chine deviendra une puissance économique, politique et militaire.

Développement :

La Chine est une puissance économique….

La Chine est une puissance politique…

La Chine est une puissance militaire….

Conclusion : La Chine est beaucoup plus puissante économiquement que politiquement ou militairement…

  • 3ème principe - Utiliser les mots de transition : Utiliser les mots de transition pour signaler le flux, le déroulement ou la progression de votre écriture.

Les mots de transition, comme « mais » ou « cependant », sont appelés les feux de circulation du langage. Elles servent l’un des objectifs principaux suivants : pour montrer le contraste, pour l’illustration, la continuation, ou la conclusion.

Lorsqu’on utilise les mots « par exemple », « en premier », « en second », le lecteur s’attend à une illustration.

« Ainsi », «et alors », « donc », « par conséquent », « en conclusion », « finalement » : il s’attend à une conclusion.

« Cependant », « toutefois », « néanmoins », « pourtant », « d’un autre côté » signalent le contraste.

« En outre », « De plus », « Par ailleurs », « D’un côté », « sans aucun doute », signalent la continuation.

La méthode la plus simple d’écrire sur un sujet est la suivante :

- Prendre une position,

- Ecrire sa conclusion,

- Commencer par « Il y a plusieurs raisons pour cela »,

- Utiliser les mots de transition.

  • 4ème principe - Employer les six (06) structures de base de l’écriture : utiliser ces structures de base de l’écriture pour ordonner/organiser vos idées.

L’écriture porte plus sur l’organisation des idées présentées et le poids accordé à ces idées. On attend toujours, devant un texte, que les idées soient déroulées logiquement, qui signifie typiquement de voir les idées les plus importantes en premier. Concernant le poids accordé aux idées, on attend que les idées les plus importantes bénéficient d’une large couverture.

Les six structures de base de l’écriture les plus communément utilisées sont les structures :

  1. Catégorielle,
  2. Evaluative,
  3. Chronologique,
  4. Comparative,
  5. Séquentielle,
  6. Causale,

Les structures où l’ordre est très important sont les structures chronologiques, comparatives, séquentielles et causales.

Dans les structures chronologiques, vous discutez plus tôt les premiers évènements et vous avancer avec le temps.

Dans les structures comparatives, les idées les plus importantes sont présentées avant toute autre idée.

Pour les structures séquentielles, vous commencez par le premier point de la séquence et vous terminez par le dernier point de la séquence.

Dans les structures de cause-à-effet, les causes sont d’abord identifiées et discutées, avant d’aborder les effets.

Dans les autres structures, l’ordre est moins important. Il s’agit des structures catégorielles et évaluatives. Si nous décidons de structurer notre écriture par catégorie, il n’y a pas de différence si nous commençons par exemple à parler du Brésil, de la Chine, ou de la France,…etc. Il en de même pour les structures évaluatives où il y a peu de différence si nous commençons à présenter la position des « pour » et celle des « contre », ou commençons par les « contre » pour terminer avec les « pour ».

Il y a aussi deux (02) structures classiques d’écriture moins formelles et souvent peu utilisées. Mais on mériterait de les signaler :

  1. « Question et Réponse » et
  2. « Problème et Solution ».

Note importante : Tout texte a généralement une introduction, un développement ou partie centrale et une conclusion. Les structures d’écriture portent sur le développement uniquement et non sur l’introduction ou la conclusion.  

 

Sommaire des 6 structures d’écriture

 

Structure

Bon Ordre

Exemples

1

Catégorielle

· Item 1, item 2, item 3

· A, B, ou B, A

· A, B, C ou C, B, A

Discute du sujet dans n’importe quel ordre

2 items : parlons de la papaye et de l’ananas

3 items : parlons maintenant du Brésil, Chine, Inde

2

Evaluative

· “pour” et “contre”

· “positif” et “négatif”

· “plus” et “moins”

On discute le côté “pour” en premier, le « contre » en second. On peut aussi ajouter le côté « neutre » si c’est applicable

2 items - parlons du temps :   ensoleillé mais humide.

3 items - parlons de ce que les votants pensent : ceux qui sont pour, contre, ou les indécis.

3

Chronologique

· Passé, présent, futur

· Avant, Maintenant, Après

Discuter plus tôt les premiers évènements et aborder les évènements suivants

2 items - parlons des ventes du mois de mars au mois de mai

3 items - parlons de l’économie européenne : 18ème siècles, 19ème S et 20ème S

4

Comparative

· A > B, B > A

· C > B > A

· C > A ou B

Discute des idées les plus pertinentes, discute les moins importantes à la suite.

2 items : discutons de nos plus importants objectifs et des objectifs mineurs

3 items : comparons notre entreprise à nos concurrents : taille, produits, personnel et ressources.

5

Séquentielle

· 1er, 2ème, 3ème

· X à Y à Z (ou inverse)

Discuter des items dans l’ordre de la séquence, du premier au dernier (ou l’inverse)

2 items : discutons de l’addiction aux drogues qui commence par les drogues douces et termine par les drogues dures.

3 items : parlons de la production des lois à l’échelle municipale, régionale et nationale.

6

Causale

· A conduit à B

· A et B conduisent à C

· A -------à B

· A + B ---à C

Discuter des causes avant les effets

2 items : discutons si l’augmentation du chômage est la cause de l’augmentation du crime.

3 items : discutons des causes premières du réchauffement climatique, des effets, de la controverse…

 

5ème principe - Garder les choses qu’ensemble – finissez de discuter un sujet avant d’aller discuter d’autres sujets

Imaginer que vous visitez un zoo où tous les animaux sont regroupés dans une grande cage. Cela ne serait pas seulement dangereux pour les animaux mais aussi impossible pour les visiteurs de voir les animaux de manière cohérente.

Quelque fois, un travail écrit peut être, malheureusement, à l’image d’un zoo dans lequel les différents animaux (les idées) sont dans une grande cage.

Les idées que nous décrivons quand nous écrivons (comme quand nous parlons) peuvent être groupées ensemble. C’est bien de finir de discuter une idée avant d’aller en discuter une autre.

Voilà ainsi présenter les cinq principes qui forment le premier pilier de l’écriture selon Brandon Royal. Nous allons aborder pour la suite les principes qui fondent le style.

 

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